Service canadien du renseignement de sécurité
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Message du directeur - le 13 juin 2011

 

Le SCRS a connu une année mouvementée à bien des points de vue en 2009-2010, mais je suis fier de pouvoir dire qu'il a continué de faire valoir ses mérites auprès des Canadiens en fournissant au gouvernement des informations et des conseils essentiels sur les menaces pour la sécurité du Canada et de ses intérêts.

Le terrorisme et l'extrémisme continuent de représenter la menace la plus grave qui pèse sur la sécurité des Canadiens, tant au pays qu'à l'étranger. Le terrorisme international n'est pas un phénomène nouveau au Canada, comme en témoigne le tragique attentat à la bombe contre le vol 182 d'Air India en 1985. Al-Qaïda ou les groupes de même mouvance qui partagent son programme et son idéologie violente sont constamment à la une de l'actualité. Parmi les pays désignés nommément comme cibles par les hauts dirigeants d'al-Qaïda, le Canada demeure le seul à ne pas avoir encore fait l'objet d'un attentat réussi.

Les condamnations au criminel prononcées au cours des dernières années, dont celles de plusieurs membres des 18 de Toronto, de Momin Khawaja et de Said Namouh, démontrent clairement que le terrorisme et, plus particulièrement, la radicalisation d'extrémistes au pays constituent des menaces réelles.

Bien que ces menaces précises aient été contrées avec succès avant qu'un attentat terroriste ne soit perpétré, le SCRS demeure bien conscient du fait que des individus et des groupes dont il ignore encore l'existence planifient peut-être des complots terroristes ou appuient ceux qui ourdissent de tels complots. La radicalisation d'origine intérieure continue d'inquiéter tout particulièrement les services de renseignements, et parce que le phénomène s'est manifesté au Canada, le SCRS le prend très au sérieux.

La mondialisation a contribué à brouiller la distinction qui existait entre la collecte de renseignements sur le territoire national et la collecte à l'étranger. Il est rare qu'une menace pour la sécurité du Canada n'ait pas quelque lien à l'étranger sur lequel il faut faire enquête. C'est pourquoi le SCRS multiplie ses opérations de renseignement de sécurité à l'étranger et collabore étroitement avec ses partenaires à l'échelle internationale.

L'Afghanistan et la région avoisinante demeurent le foyer des principaux dirigeants d'al-Qaïda et des talibans, et le SCRS y affecte des agents chargés de recueillir des renseignements dans le but d'attirer son attention sur les menaces pesant sur le Canada et les militaires canadiens sur place. Le savoir-faire du Service dans le domaine de la collecte de renseignements a permis de sauver la vie de Canadiens, d'Afghans et de personnel des pays alliés et a joué un rôle capital dans la défense du Canada, ainsi que les efforts diplomatiques et les projets de développement en Afghanistan de ce dernier.

Le terrorisme n'est pas la seule menace sur laquelle le SCRS fait enquête. Des États parrainent des activités d'espionnage contre le Canada dans une mesure aussi, sinon plus, importante que pendant la guerre froide. Certaines des qualités qui font du Canada un grand pays – une société ouverte jouissant d'une solide réputation internationale et d'industries de pointe comme les télécommunications et l'exploitation minière – en font également un pays qui suscite l'intérêt des services de renseignements étrangers.

Le SCRS sait que certains services étrangers se livrent à des activités de renseignement au Canada. L'ingérence étrangère est une autre source de préoccupation. Des puissances étrangères surveillent des personnes ou des groupes qui, selon elles, sont susceptibles de menacer leur sécurité ou leur programme politique, cherchent à obtenir un avantage ou à tourner une politique publique canadienne à leur profit ou encore à étendre leurs conflits internes et la défense de leurs causes dans les diasporas.

Dernier point, mais non le moindre, le Service continue d'affecter de nombreuses ressources à un éventail d'autres menaces, dont la prolifération des armes chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN), les attaques contre l'infrastructure et les systèmes d'information essentiels, ainsi que la souveraineté et la sécurité de l'Arctique canadien.

Au cours du dernier exercice, le SCRS a participé de près à la mise en place d'un dispositif de sécurité en prévision des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver en Colombie-Britannique. Aucun grand événement organisé jusque-là au Canada n'avait nécessité des mesures de sécurité d'une telle ampleur, et le Service a prêté main-forte aux organismes d'application de la loi et aux services de sécurité partenaires afin que les Jeux soient un succès et se déroulent en toute sécurité.

Pour terminer, j'aimerais parler des employés du SCRS, dont le professionnalisme, le dévouement et les valeurs intrinsèques ne cessent de m'impressionner. L'effectif du Service est plus diversifié que jamais, et l'organisation maintient l'engagement qu'elle a pris d'établir une main-d'œuvre représentative de tous les Canadiens.

Fidèle à son engagement de rendre des comptes au public, le SCRS accueille favorablement le dépôt à la Chambre des communes de son 19e rapport public annuel, car il s'agit pour lui d'une occasion de décrire les priorités, les activités et les questions internes qui ont marqué l'exercice 2009-2010.

 

Richard B. Fadden
Directeur
Service canadien du renseignement de sécurité